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Organisation de la ruche : le rôle des phéromones

Depuis des décennies, l’Homme a toujours été fasciné par l’organisation des abeilles.

Au sein d’une seule ruche peuvent vivre en effet des milliers d’individus. Pourtant, point de lutte de pouvoir, ni de rébellion, encore moins de grèves. Chaque abeille sait parfaitement que faire à un moment déterminé, généralement en fonction des besoins de la ruche.

Car oui, l’objectif principal reste la survie de la communauté et non le bien-être personnel. Les phéromones apportent un début de réponse aux mystères concernant cette cohésion sociale sans failles. Des chercheurs ont effectivement pu isoler certaines phéromones expliquant divers comportements des abeilles

Les phéromones d’alarme et d’attaque

La protection de la ruche, et surtout de la reine, est d’une importance capitale pour les abeilles. Certaines n’hésitent pas à se sacrifier en piquant l’intrus, quitte à perdre leur dard. Les chercheurs ont pu déterminer que, face au danger, les ouvrières sécrétaient une phéromone d’alarme, la 2-heptanone CH3 CO (CH2)4 CH3. Celle-ci met tout simplement la colonie en état d’alerte.

L’attaque n’est déclenchée que si l’intrus s’approche trop ou si une abeille est agressée.

L’offensive n’est lancée que si les abeilles détectent la phéromone d’attaque, l’acétate d’isoamyle (CH3) CH CH2 CH2 OCO CH3. Cette dernière est notamment produite par des cellules jouxtant leur poche à venin. Des récentes études ont démontré que les dards émettaient également une phéromone, le 4-11-eicosène-1-ol. Si vos vêtements contiennent donc un dard d’une piqûre antérieure, cela peut déclencher une nouvelle attaque.

À noter que les abeilles peuvent confondre l’acétone (utilisé parfois dans les vernis à ongles) et la benzophénone (fixateur des parfums) avec leurs phéromones d’attaque.

phéromones

Les phéromones de marquage : indispensables pour le butinage

Des études poussées sur les abeilles ont également permis de comprendre comment elles s’organisent pour le butinage.

À l’extrémité de leurs pattes se trouvent des glandes d’Arnhart. Elles sécrètent une phéromone dénommée Epagine ETA.

Les abeilles peuvent donc marquer l’entrée de la ruche. Cette phéromone est surtout primordiale pour le butinage et la collecte de nectar. Elle permet effectivement à une butineuse de signaler si une fleur en vaut le détour ou s’il ne faut plus y perdre du temps.

Les hypothèses sont nombreuses. Une forte présence de cette phéromone peut en effet signifier que la fleur vient d’être butinée et qu’il vaut mieux passer son chemin. Si la phéromone est en train de s’estomper, cela veut dire que la fleur n’a pas été butinée depuis un bon bout de temps et qu’il faudrait mieux vérifier.

Les abeilles, un modèle de cohésion sociale grâce à des phéromones

Si la cohésion des abeilles suscite l’admiration, elle est en grande partie due à des phéromones.

L’acide 9-céto-2-décènoïque, une phéromone produite par les glandes mandibulaires de la reine, assure une grande partie de l’organisation de la ruche. Il permet effectivement aux ouvrières de savoir quoi faire au bon moment (apporter la gelée royale pour la reine, toilette de la reine, etc…).

Le méthyle-4-hydrobenzoate, sécrété par des glandes épidermiques de la reine, joue également un rôle essentiel dans la vie de la ruche. La diminution ou l’absence de cette phéromone va pousser les ouvrières à élever de nouvelles reines pour garantir la survie de la ruche. Une absence prolongée de cette substance, pour diverses raisons, va entraîner le développement des ovaires de certaines abeilles. Ces dernières vont donc pondre sans avoir été fécondées et ne donner que des mâles. La ruche devient donc bourdonneuse et est condamnée.

Les phéromones, indispensables pour la reproduction des abeilles

Vous l’avez compris, sans une reine, c’est toute la colonie qui est condamnée.

Vous vous demandez pourquoi les abeilles ne développent-elles pas des ovaires et ne pondent-elles pas ensuite ?

C’est simple : seule une reine peut être fécondée par des mâles. L’accouplement n’a lieu qu’une seule fois et permet à la reine des abeilles de faire le plein de spermatozoïdes. Les phéromones sont au cœur de tout ce processus. Le moment de la fécondation venue, les abeilles mâles secrètent une phéromone sexuelle attirant inexorablement les reines vers le lieu défini. Mais les bourdons ne s’accouplent pas avec n’importe quelle abeille. Il faut une reine. Lors du vol nuptial, cette dernière secrète une quantité suffisante de 9-céto-2-décènoïque et de 9-hydroxy-2-décènoïque. Ces phéromones sexuelles attireront les bourdons qui engageront la course-poursuite pour féconder la reine.

L’éthyle Oléate, la dernière phéromone découverte

Il faudra encore quelques années pour percer le mystère du rôle des phéromones dans l’organisation de la ruche.

Selon certains chercheurs, rien que la tête de l’abeille serait une source de pas moins d’une trentaine de phéromones. La dernière découverte significative en la matière concerne l’Ethyl Oléate, sécrétée par les butineuses. Cette phéromone peut avancer ou retarder l’âge du butinage des plus jeunes abeilles.

Elle permet donc à la ruche de s’adapter à des changements extérieurs. En exemple, faute de fleurs, les butineuses sont contraintes de rester dans la ruche. Par inhibition, la forte présence d’éthyle oléate va donc ralentir le développement des jeunes abeilles. Par contre, si la ruche manque de butineuses, ils pourront commencer à butiner jusqu’à 2 semaines plus tôt. À noter que l’éthyle oléate se transmet entre abeilles par trophallaxie, c’est-à-dire par la nourriture. Cette forme de communication est particulièrement utilisée dans les colonies.

Pourquoi doit-on continuer à étudier le comportement des abeilles ?

La découverte de ces phéromones nous a permis de mieux comprendre l’attitude des abeilles face à une situation donnée.

Nous avons ainsi pu mettre en place des précautions à prendre lorsqu’on s’approche d’une ruche pour notre propre sécurité et celle des abeilles. Cela nous a également initié à l’organisation interne des abeilles. Pourquoi les butineuses restent-elles dans la ruche ? Pourquoi les ouvrières commencent-elles à élever de nouvelles reines ? À nous donc de prendre les mesures nécessaires pour aider ces insectes afin d’assurer la survie de nos ruches (nourriture au sirop, ne pas collecter la gelée royale, planter plus de fleurs…).

À l’heure où les abeilles subissent de plein fouet certaines actions humaines (déforestation, utilisation de pesticides…), il serait judicieux de comprendre comment elles fonctionnent afin de mieux les aider.

2016 : une année catastrophique pour la production apicole

Finalement, le léger mieux de l’année dernière n’aura été qu’un petit feu de paille. Cette année, on ne récoltera que 9 000 tonnes de miel environ contre 10 000 tonnes en 2014, la pire année de l’apiculture française. Un bilan qui portera un coup dur au moral des apiculteurs.

Production de miel en 2016

Que disent les chiffres ?

En septembre, l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) a lancé un signal d’alarme sur une forte baisse de la production apicole pour cette année. Dans son communiqué de presse, l’organisme précise que la récolte de miel 2016 passera sous la barre fatidique des 10 000 tonnes.

Pour soutenir les apiculteurs les plus touchés, l’UNAF demande la reconnaissance en calamité agricole et des aides exceptionnelles. Dans les grandes régions de production (Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon, Provence Alpes Côte-d’Azur…), on a constaté une chute de 60 à 80% par rapport à 2015. Le bilan est tout aussi alarmant dans les régions de Sud Bretagne et de Loire-Atlantique où la production a quasiment diminué de moitié cette année. En regardant dans les détails, plusieurs types de miel manquent pratiquement à l’appel dans diverses régions et sont particulièrement faibles dans d’autres.

Les causes potentielles de la baisse de production

Pour expliquer cette très forte baisse de la récole de miel, l’UNAF pointe notamment du doigt les conditions climatiques très contrastées. Les ruches ont notamment dû faire face à des pluies abondantes, un printemps très tardif et des vagues de sécheresse. Il est impossible pour les butineuses de travailler dans ces conditions.

A part les caprices du climat, les colonies font toujours face aux problèmes récurrents de l’apiculture. Le manque de diversité de la végétation explique également la baisse de la production. Les ressources en nectar ont été quasi-nulles pour le thym et les acacias par exemple. La prédation du frelon et les maladies liées au varroa pèsent toujours sur les colonies, alors que l’usage de pesticides augmente également le taux de mortalité dans les ruches.

Quels seront les principaux impacts de cette chute de la production de miel ?

Les apiculteurs professionnels seront les premiers touchés par cette baisse de la récolte. Et comme 3 000 d’entre eux vivent de leurs ventes de miel, on comprend vite pourquoi l’UNAF a demandé au ministère de l’Agriculture la reconnaissance de l’état de calamité agricole. Plusieurs causes de la baisse de production étant d’origines environnementales.

Permettre aux apiculteurs de subsister est particulièrement vital lorsqu’on sait l’importance des abeilles dans l’écosystème. Une baisse de la production équivaut également à une raréfaction du miel. Ce qui veut dire que dans les rayons, on constatera une augmentation du prix des miels français. Les stocks réalisés avec la bonne récolte 2015 risquent de ne pas faire long feu, et le cru 2016 va difficilement passer les tests de qualité. Pour satisfaire leur clientèle, certains revendeurs pourraient alors proposer des miels importés. Il est donc fortement conseillé aux consommateurs de bien lire les étiquettes surtout que des soupçons de fraudes pèsent sur les miels venant d’Asie.

La fraude sur les miels

La fraude sur les miels est un fléau qui fragilise le secteur apicole et décrédibilise les apiculteurs. Cette pratique réduit à néant les efforts des professionnels consciencieux et trompe les consommateurs. La fraude peut effectivement concerner l’origine du miel ou pire encore : sa composition.

fraude en apicultuer

Fraude sur l’origine du miel

En 2013, le Cetam (Centre d’études techniques apicoles de Moselle) a mené une enquête approfondie sur le miel commercialisé en France. L’unique laboratoire français indépendant de contrôle du miel est arrivé à la conclusion suivante : environ 10% des produits qu’ils avaient contrôlés étaient frauduleux.

L’étiquetage « origine France » est au cœur du problème. En effet, certains opérateurs importent du miel de Chine ou encore d’Europe de l’Est, des produits beaucoup moins chers mais dont la qualité est plutôt douteuse. Mélangées ou non avec du miel local, ils sont labellisés « made in France » et mis sur le marché national. La chute de la production française à cause de la disparition des colonies d’abeilles a favorisé ce genre de pratique qui est toujours d’actualité.

Fraude sur la composition du miel

L’origine du miel n’est pas la seule donnée manipulée par les fraudeurs. La fraude peut également concerner la composition du miel, précise le Cetam. Selon un décret publié en 2003, la quantité de saccharose, glucose ou fructose, ou sucre naturel, contenue dans du miel commercialisé ne doit excéder les 5%. Une mesure qui comporte toutefois une faille. Elle ne fait aucunement mention de sucres industriels (à base d’amidon de céréales ou de maïs).

Dans nos rayons, on retrouve donc certains produits présentés comme étant du miel mais fabriqués avec des ajouts de sirop de sucre. Il s’agit d’une pratique particulièrement tentante en ces temps difficiles pour l’apiculture.

Les effets négatifs de la fraude en apiculture

Les conséquences néfastes de la fraude en apiculture sont nombreuses. Premièrement, elle discrédite totalement le label « made in France » et nuit à l’image de tous les apiculteurs du pays. Elle complique également la vie des apiculteurs locaux. Ces derniers doivent en effet faire des sacrifices pour respecter à la lettre les normes imposées, pour, au final, voir leurs productions mélangées avec du sirop ou du miel étrange de mauvaise qualité. Il n’est pas à rappeler que l’apiculture est vitale pour l’environnement, et donc pour le pays. Et un ras-le-bol des apiculteurs serait tout simplement tragique sur beaucoup de plans : économique, écologique….

Lutter contre la fraude en apiculture

Vu les enjeux autour de l’apiculture, la lutte contre la fraude doit être une priorité pour le gouvernement. La protection du « made in France » est vitale et cela commencera par un soutien aux apiculteurs locaux.

A titre d’exemple, le gouvernement américain a mis en place une taxation exorbitante sur le miel chinois. Ajouter ce produit au miel local n’est donc plus rentable pour les industriels. Le contrôle des miels commercialisés est également à renforcer. La technologie RMN ou Résonance Magnétique Nucléaire est à exploiter car elle permet de détecter toute fraude dans la composition du miel ou dans ses origines (géographique ou botanique).

75 % du miel contient des néonicotinoïdes

Depuis des années, associations et ONG œuvrant pour la protection de l’environnement n’ont cessé de pointer du doigt les menaces pesant sur les abeilles. Ces derniers, acteurs majeurs dans la pollinisation des plantes, doivent faire face au changement climatique, aux parasites, mais également à l’utilisation de pesticides toxiques. Pour ce dernier point, c’est une étude menée à l’échelle planétaire qui le confirme. 75 % du miel produit contiendrait effectivement des néonicotinoïdes, une situation plus que critique qui risque d’empirer si des mesures concrètes ne sont pas prises rapidement.

 

néocotinoides

Des traces de pesticides toxiques dans le miel

Si certains agriculteurs ont toujours défendu l’idée que les néonicotinoïdes ne représentaient aucun danger pour les abeilles, les résultats d’une étude franco-suisse, publiée dans la revue « Science » au début du mois d’octobre, confirment le contraire. 75 % des échantillons analysés contenaient des traces de pesticides.

Selon cette étude, les chercheurs ont collecté du miel aux quatre coins du globe (Asie, Europe, Madagascar, Australie, Alaska…) pour atteindre un total de plus de 300 pots. Pour que l’échantillonnage représente fidèlement et de manière équitable les différentes régions, 198 miels ont été retenus pour analyse. Pour les experts, la présence de pesticides dans ces proportions est tout simplement alarmante.

Si les niveaux relevés ne représentent aucun risque pour l’homme, ils peuvent affecter les fonctions cérébrales des butineuses. Désorientées, ces dernières auront du mal à retrouver leurs ruches. Et comme elles jouent un rôle essentiel dans la pollinisation des plus importantes cultures sur Terre, on peut tout simplement craindre le pire. Il est à préciser que pour l’Europe, les échantillons utilisés ont été prélevés avant l’entrée en vigueur de l’interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes par l’Union européenne en 2013. Il faudra donc une étude supplémentaire pour mesurer l’efficacité de cette mesure.

Plus de détails sur les résultats de l’étude

Si ce constat général sur la présence de néonicotinoïdes dans le miel fait déjà craindre le pire, les détails sont plus inquiétants. Pour cette étude, les chercheurs ont recherché cinq molécules particulières : thiaclopride, thiaméthoxame, imidaclopride, clothiadine et acétamipride.

On en a donc retrouvé au moins l’une d’entre elles dans 75 % des échantillons. Ce taux de contamination varie d’une région à l’autre. Il monte à 86 % pour les produits venant d’Amérique du Nord, 80 % pour l’Asie et 79 % pour l’Europe. Le taux le plus faible revient à l’Amérique du Sud avec seulement 57 %. 30 % des échantillons contaminés contenaient une seule molécule toxique. On a retrouvé deux néonicotinoïdes dans 45 % et les 10 % restants en avaient quatre ou cinq.

À noter que les miels contaminés ne représentaient aucun risque à la consommation. En moyenne, le niveau de contamination tournait autour des 1,8 microgramme par kilo. Toutefois, un miel allemand affichait près de 50 microgrammes par kilo, qui est assez proche des limites de résidus autorisées.

Les néonicotinoïdes, c’est quoi exactement ?

Mis au point dans les années 90, les néonicotinoïdes constituent une famille à part entière d’insecticides neurotoxiques. En tant que dérivés de la nicotine, ils ont pour objectif d’affecter le système nerveux des insectes pour provoquer une paralysie mortelle.

Particulièrement efficaces, ils ont vite conquis plus de 120 pays. À eux seuls, les néonicotinoïdes représentent environ pas moins de 40 % des ventes d’insecticides dans le monde. S’ils font en quelque sorte le « bonheur » des agriculteurs, ils représentent un danger qu’on ne peut ignorer pour l’environnement. Déjà, parce qu’ils ne font aucune différence entre insectes parasites et pollinisateurs.

L’introduction des néonicotinoïdes a considérablement favorisé la disparition des abeilles, dont le taux de mortalité a atteint les 80 % dans certaines régions. Le pire c’est que ces pesticides contaminent également les végétaux. On en retrouve effectivement dans le pollen et le nectar. Ils mettent donc également en danger les butineuses, mais également les invertébrés rampant sous le sol. Vu l’utilisation massive des néonicotinoïdes pour protéger les cultures, c’est donc sans surprise si l’on en retrouve autant dans le miel.

En 2016, les Nations Unies avaient tiré la sonnette d’alarme en déclarant que 40 % des invertébrés pollinisateurs seraient amenés à disparaître. Les résultats de cette étude franco-suisse semblent confirmer cette prévision.

Pourquoi nous n’interdisons pas purement et simplement les néonicotinoïdes ?

Si les néonicotinoïdes représentent un tel danger pour l’environnement, qu’attendent donc les autorités pour les interdire purement et simplement.

Déjà, parce que les « néonics » (pour les intimes) servent à protéger les cultures. Donc, les lobbies agroalimentaires mettent tout leur poids pour ne pas les interdire. Difficile pour un gouvernement de prendre une telle initiative sans faire face à la foudre des agriculteurs.

La concurrence entre les pays complique également les choses. Si le produit été interdit uniquement en France, notre agriculture sera moins performante par rapport à celles de nos voisins européens.

En 2013, l’Union européenne a limité l’utilisation de trois substances : imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame. Mais cela semble ne pas suffire, heureusement d’autres interdictions devraient être mises en vigueur.

La loi sur la biodiversité devrait interdire l’utilisation des néonicotinoïdes en France à partir du 1er septembre 2018, même si des dérogations seraient encore envisageables jusqu’en 2020. Espérons donc que les autorités actuelles réussiront à maintenir cette échéance, mais ne cèderont pas sous la pression constante des lobbies agroalimentaires.

Pourquoi doit-on réellement s’alarmer ?

Les résultats de cette étude franco-suisse ne sont pas à négliger. Si 75 % des miels contiennent donc des néonicotinoïdes, c’est donc des milliers d’abeilles à travers le monde qui ont été exposés à ce type d’insecticides.

Donc, le risque de voir le taux de mortalité des abeilles augmenter est à craindre. Même si le niveau de contamination du miel ne dépassait pas les limites autorisées, certaines molécules se sont avérées dangereuses pour l’homme. En exemple, le thiaclopride est suspecté comme étant cancérigène par l’Agence de protection de l’environnement américaine depuis 2002.

Une étude japonaise a également démontré que l’imidaclopride et l’acétamipride pourraient avoir un impact sur le développement du système nerveux humain. D’autres études, comme celle publiée en février dans la revue Environmental Health, ont démontré que les néonicotinoïdes peuvent avoir des conséquences néfastes sur l’être humain.

Le choc anaphylactique, une réaction allergique démesurée à traiter immédiatement

Manifestation extrême d’une réaction allergique, le choc anaphylactique est redouté à juste titre : sans injection d’adrénaline dans les minutes qui suivent l’apparition des premiers symptômes, la victime peut mourir.

Suite à une piqûre d’abeille, votre peau commence à vous démanger, elle se couvre de plaques rouges, vos lèvres gonflent à vue d’œil, vous avez l’impression d’étouffer

Réagissez ! Il n’y a pas une minute à perdre, vous êtes probablement en train de faire un choc anaphylactique.

Le traitement de base du choc anaphylactique est l’injection d’adrénaline en intramusculaire, directement dans la cuisse. Toute personne victime d’une anaphylaxie sévère doit avoir un stylo auto-injecteur à portée de main en permanence. Il en existe actuellement trois sur le marché, tous de première génération. Un stylo de deuxième génération a récemment fait son apparition, l’Epipen ® : avec son aiguille recouverte automatiquement par un embout protecteur, il est plus simple et plus sécuritaire et peut s’appliquer au travers des vêtements. Sa trousse d’urgence doit également contenir un bronchodilatateur et un antihistaminique.

Au-delà de ce traitement immédiat, la prise en charge repose sur l’identification des allergènes en cause par un allergologue et l’éducation thérapeutique des patients, via des écoles de l’asthme et de l’allergie.

Symptômes et Actions d’Urgence

Les symptômes apparaissent généralement environ 15 minutes après la piqure par un hyménoptère et environ 30 minutes après l’ingestion d’un aliment allergène.

Anaphylactique sévère -> Recours au stylo auto-injectable d’adrénaline

Signes évoquant une réaction anaphylactique sévère et nécessitant le recours au stylo auto-injectable d’adrénaline
  • La victime a la voix qui change
  • Elle présente des difficultés respiratoires
  • Elle se plaint de douleurs au ventre, elle vomit
  • Elle se gratte les mains, les pieds, la tête
  • Elle se sent mal, fait un malaise
  1. Utiliser le stylo auto-injectable d’adrénaline (préférablement dans la cuisse)
  2. Noter, sur un papier à conserver avec le patient, l’heure exacte de l’injection
  3. Contactez le SAMU (15) et/ou aller aux urgences hospitalières les plus proches

Anaphylactique légère -> Recours à un antihistaminique

Signes évoquant une réaction anaphylactique légère, nécessitant le recours à un antihistaminique
  • La victime a la bouche qui pique, démange
  • Ses lèvres gonflent
  • Des plaques rouges apparaissent, la démangent
  • Elle se plaint de maux de ventre
  • Mais elle peut encore parler et respirer

Alerte Aethina tumida

Menace d’introduction du petit coléoptère des ruches, Aethina tumida, en France
Appel à la responsabilité de chaque apiculteur

a_tumida

GDS France, ADA France et la FNOSAD ont rédigé un courrier aux apiculteurs, les invitant à informer leur DD(CS)PP locale de tout risque d’infestation possible.

Etant donné l’importance des mouvements et des échanges apicoles entre l’Italie et les autres pays européens, dont la France, et l’impossibilité de connaître la date d’arrivée du petit coléoptère sur le sol italien, il est à craindre que des apiculteurs aient pu, sans le savoir, l’introduire sur notre territoire :

  • à la suite de transhumance dans le Sud de l’Italie ;
  • à l’occasion d’importation d’abeilles (reines, essaims, paquets d’abeilles) ;
  • à l’occasion d’achat de matériel apicole en provenance directe ou indirecte du Sud de l’Italie.

 Il est donc rappelé à tous les apiculteurs qui se sont trouvés dans une des situations citées plus haut, entre mars et décembre 2014, et qui, pour diverses raisons, n’ont pas suivi les obligations réglementaires de déclaration de transhumance ou d’importation, de se signaler auprès de leur DD(CS)PP afin que le risque puisse être évalué et que la visite éventuelle de leur rucher puisse être organisée. Masquer la situation expose à des risques de poursuites pénales.

Il est primordial de faire preuve de responsabilité et de sens civique, pour ne pas mettre en danger, plus qu’elle ne l’est déjà, la santé des abeilles, en facilitant l’installation irréversible d’Aethina tumida sur notre territoire, actuellement indemne.

Le Courrier du 19 mars 2015

Abeilles : l’Assemblée vote l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes en 2016

L‘Assemblée nationale a voté jeudi 19 mars l’interdiction à compter de janvier 2016 des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, réputés toxiques pour les abeilles, en adoptant un amendement des socialistes Gérard Bapt et Delphine Batho. Un vote contre l’avis du gouvernement, défavorable à la mesure au motif notamment que « le cadre européen ne permet pas une interdiction stricte », selon la ministre de l’écologie, Ségolène Royal.

Après un constat fait en 2012 par des publications scientifiques du déclin rapide de populations d’abeilles provoqué par l’emploi de ces produits, la Commission européenne avait restreint, en décembre 2013, l’usage de trois substances de cette famille de molécules insecticides après une empoignade avec les grandes firmes agrochimiques. Des restrictions qui concernent 75 cultures jugées attractives pour les abeilles.

Trois fois plus de miel en 1995

Insuffisant déjà pour les apiculteurs, qui réclamaient un moratoire étendu à toutes les autres molécules de la famille des néonicotinoïdes alors qu’en 2014 la production de miel en France est tombée à 10 000 tonnes, contre 32 000 tonnes en 1995, pour un nombre de ruches presque équivalent. Cinq molécules restent actuellement autorisées en France.

L‘interdiction vise désormais toute la famille des néonicotinoïdes, pour éviter que l’industrie ne substitue des produits cousins après le retrait d’un produit précis, selon M. Bapt, par ailleurs médecin de profession.

Appelant à « entendre le cri d’alarme des apiculteurs » vu la mortalité actuelle massive des abeilles, par exemple dans le département des Deux-Sèvres, l’ancienne ministre de l’écologie Delphine Batho a souhaité que la France fasse avec tous les néonicotinoïdes « un moratoire » du même type qu’avec le maïs OGM.

« Une action volontariste »

Sur ces néonicotinoïdes « dévastateurs pour un certain nombre d’espèces et faisant courir un risque de santé publique », la rapporteure Geneviève Gaillard (PS) s’était montrée hostile à « une interdiction brute », par souci d’« efficacité » et de « ne pas gêner les avancées du gouvernement », disant craindre que ces produits restent utilisés dans le cadre de dérogations, en l’absence d’« alternative » chimique.

Dans sa « feuille de route » écologiste, présentée le 4 février, le gouvernement a assuré que la France mènerait « au niveau européen une action volontariste » pour que les substances néonicotinoïdes des pesticides soient réévaluées « au plus vite, en prenant en compte toutes les études concernant les effets sur les colonies d’abeilles, les pollinisateurs sauvages, la faune ».

Cette décision des députés intervient alors qu’une enquête de la Commission européenne, rendue elle aussi publique jeudi, tire la sonnette d’alarme : près de 10 % des quelque 2 000 espèces sauvages d’abeilles européennes sont menacées d’extinction. Si aucune mesure n’est prise, 5 % supplémentaires le seront dans un futur proche.

Source : Le Monde.fr |   • Mis à jour le 

Le Sénat rejette l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes

La proposition de résolution portée par le sénateur écologiste Joël Labbé demandait au Gouvernement d’ « agir auprès de l’Union européenne pour une interdiction de toutes les utilisations des pesticides néonicotinoïdes en Europe tant que les risques graves pour la santé humaine, animale et l’environnement ne seront pas écartés». Elle vient d’être rejetée par le Sénat.

Lors de son examen au Sénat, la proposition de résolution visant à faire interdire les néonicotinoïdes au niveau européen a été rejetée. Sur 347 votants, 312 suffrages ont été exprimés. 248 sénateurs se sont exprimés contre cette proposition, seulement 64 sénateurs se sont prononcés pour. Le vote étant à scrutin publique, vous pouvez voir quels sénateurs ont voté pour, contre ou se sont abstenus ici.

Lors de la séance au Sénat, le ministre Stéphane Le Foll a défendu son opposition au vote de cette résolution. Il a notamment rappelé qu’une restriction d’utilisation existait déjà au niveau européen pour 3 substances néonicotinoïdes pour toutes les cultures attractives pour les abeilles. « Elles ne peuvent plus être utilisées en période de floraison. Pour les cultures restantes et pour les céréales à paille, les semis ne peuvent pas se faire à la période de forte activité des abeilles», a rappelé Stéphane Le Foll. L’interdiction de semer des semences enrobées a lieu de Janvier à Juin.

Dans ce cadre, interdire les néonicotinoïdes n’est pas pour lui la solution. « C’est un pensée globale qu’il faut avoir », assure-t-il. Le débat doit prendre en compte l’ensemble des parties prenantes et notamment la réalité du monde agricole. C’est « parce qu’on ne doit pas caricaturer le débat » et « réussir l’objectif de réduction des phytosanitaires et de l’utilisation des néonicotinoïdes qu’il faut qu’on soit en capacité, collectivement, de mener ces débats en assurant les transitions nécessaires », défend-il. C’est le rôle du plan Ecophyto 2 qui vient d’être annoncé.

Pourquoi vouloir interdire les pesticides néonicotinoïdes ?

Sous la dénomination de « néonicotinoïdes », on trouve plusieurs substances actives, à savoir le thiaméthoxam, l’imidaclopride, le thiaclopride, le dinotéfuran, l’acétamipride et le clothianidine. Ces néonicotinoïdes sont des pesticides systémiques. En tant que tels, ils sont présents dans et sur la plante tout au long de sa vie. Ils sont repris par la plante et transportés dans tous les tissus de façon préventive, même en absence de ravageurs. On les retrouve donc sur les feuilles, fleurs, racines, tiges, mais aussi dans le pollen et le nectar. Persistantes dans l’environnement, ils contaminent le sol, l’eau et l’air.

En séance au Sénat, Joël Labbé a rappelé les principales motivations qui l’ont conduit à proposer ce texte : le caractère systémique de ces insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes, les impacts sur les pollinisateurs et les effets supposés sur la santé humaine, notamment sur le développement du système nerveux humain. De plus, il a rappelé que plusieurs rapports et publications font valoir que l’utilisation de ces molécules n’a pas permis une augmentation significative des rendements pour les agriculteurs.

Auteur : Hugo Lebout, journaliste du webzine Natura-sciences.com