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Le choc anaphylactique, une réaction allergique démesurée à traiter immédiatement

Manifestation extrême d’une réaction allergique, le choc anaphylactique est redouté à juste titre : sans injection d’adrénaline dans les minutes qui suivent l’apparition des premiers symptômes, la victime peut mourir.

Suite à une piqûre d’abeille, votre peau commence à vous démanger, elle se couvre de plaques rouges, vos lèvres gonflent à vue d’œil, vous avez l’impression d’étouffer

Réagissez ! Il n’y a pas une minute à perdre, vous êtes probablement en train de faire un choc anaphylactique.

Le traitement de base du choc anaphylactique est l’injection d’adrénaline en intramusculaire, directement dans la cuisse. Toute personne victime d’une anaphylaxie sévère doit avoir un stylo auto-injecteur à portée de main en permanence. Il en existe actuellement trois sur le marché, tous de première génération. Un stylo de deuxième génération a récemment fait son apparition, l’Epipen ® : avec son aiguille recouverte automatiquement par un embout protecteur, il est plus simple et plus sécuritaire et peut s’appliquer au travers des vêtements. Sa trousse d’urgence doit également contenir un bronchodilatateur et un antihistaminique.

Au-delà de ce traitement immédiat, la prise en charge repose sur l’identification des allergènes en cause par un allergologue et l’éducation thérapeutique des patients, via des écoles de l’asthme et de l’allergie.

Symptômes et Actions d’Urgence

Les symptômes apparaissent généralement environ 15 minutes après la piqure par un hyménoptère et environ 30 minutes après l’ingestion d’un aliment allergène.

Anaphylactique sévère -> Recours au stylo auto-injectable d’adrénaline

Signes évoquant une réaction anaphylactique sévère et nécessitant le recours au stylo auto-injectable d’adrénaline
  • La victime a la voix qui change
  • Elle présente des difficultés respiratoires
  • Elle se plaint de douleurs au ventre, elle vomit
  • Elle se gratte les mains, les pieds, la tête
  • Elle se sent mal, fait un malaise
  1. Utiliser le stylo auto-injectable d’adrénaline (préférablement dans la cuisse)
  2. Noter, sur un papier à conserver avec le patient, l’heure exacte de l’injection
  3. Contactez le SAMU (15) et/ou aller aux urgences hospitalières les plus proches

Anaphylactique légère -> Recours à un antihistaminique

Signes évoquant une réaction anaphylactique légère, nécessitant le recours à un antihistaminique
  • La victime a la bouche qui pique, démange
  • Ses lèvres gonflent
  • Des plaques rouges apparaissent, la démangent
  • Elle se plaint de maux de ventre
  • Mais elle peut encore parler et respirer

Alerte Aethina tumida

Menace d’introduction du petit coléoptère des ruches, Aethina tumida, en France
Appel à la responsabilité de chaque apiculteur

a_tumida

GDS France, ADA France et la FNOSAD ont rédigé un courrier aux apiculteurs, les invitant à informer leur DD(CS)PP locale de tout risque d’infestation possible.

Etant donné l’importance des mouvements et des échanges apicoles entre l’Italie et les autres pays européens, dont la France, et l’impossibilité de connaître la date d’arrivée du petit coléoptère sur le sol italien, il est à craindre que des apiculteurs aient pu, sans le savoir, l’introduire sur notre territoire :

  • à la suite de transhumance dans le Sud de l’Italie ;
  • à l’occasion d’importation d’abeilles (reines, essaims, paquets d’abeilles) ;
  • à l’occasion d’achat de matériel apicole en provenance directe ou indirecte du Sud de l’Italie.

 Il est donc rappelé à tous les apiculteurs qui se sont trouvés dans une des situations citées plus haut, entre mars et décembre 2014, et qui, pour diverses raisons, n’ont pas suivi les obligations réglementaires de déclaration de transhumance ou d’importation, de se signaler auprès de leur DD(CS)PP afin que le risque puisse être évalué et que la visite éventuelle de leur rucher puisse être organisée. Masquer la situation expose à des risques de poursuites pénales.

Il est primordial de faire preuve de responsabilité et de sens civique, pour ne pas mettre en danger, plus qu’elle ne l’est déjà, la santé des abeilles, en facilitant l’installation irréversible d’Aethina tumida sur notre territoire, actuellement indemne.

Le Courrier du 19 mars 2015

Abeilles : l’Assemblée vote l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes en 2016

L‘Assemblée nationale a voté jeudi 19 mars l’interdiction à compter de janvier 2016 des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, réputés toxiques pour les abeilles, en adoptant un amendement des socialistes Gérard Bapt et Delphine Batho. Un vote contre l’avis du gouvernement, défavorable à la mesure au motif notamment que « le cadre européen ne permet pas une interdiction stricte », selon la ministre de l’écologie, Ségolène Royal.

Après un constat fait en 2012 par des publications scientifiques du déclin rapide de populations d’abeilles provoqué par l’emploi de ces produits, la Commission européenne avait restreint, en décembre 2013, l’usage de trois substances de cette famille de molécules insecticides après une empoignade avec les grandes firmes agrochimiques. Des restrictions qui concernent 75 cultures jugées attractives pour les abeilles.

Trois fois plus de miel en 1995

Insuffisant déjà pour les apiculteurs, qui réclamaient un moratoire étendu à toutes les autres molécules de la famille des néonicotinoïdes alors qu’en 2014 la production de miel en France est tombée à 10 000 tonnes, contre 32 000 tonnes en 1995, pour un nombre de ruches presque équivalent. Cinq molécules restent actuellement autorisées en France.

L‘interdiction vise désormais toute la famille des néonicotinoïdes, pour éviter que l’industrie ne substitue des produits cousins après le retrait d’un produit précis, selon M. Bapt, par ailleurs médecin de profession.

Appelant à « entendre le cri d’alarme des apiculteurs » vu la mortalité actuelle massive des abeilles, par exemple dans le département des Deux-Sèvres, l’ancienne ministre de l’écologie Delphine Batho a souhaité que la France fasse avec tous les néonicotinoïdes « un moratoire » du même type qu’avec le maïs OGM.

« Une action volontariste »

Sur ces néonicotinoïdes « dévastateurs pour un certain nombre d’espèces et faisant courir un risque de santé publique », la rapporteure Geneviève Gaillard (PS) s’était montrée hostile à « une interdiction brute », par souci d’« efficacité » et de « ne pas gêner les avancées du gouvernement », disant craindre que ces produits restent utilisés dans le cadre de dérogations, en l’absence d’« alternative » chimique.

Dans sa « feuille de route » écologiste, présentée le 4 février, le gouvernement a assuré que la France mènerait « au niveau européen une action volontariste » pour que les substances néonicotinoïdes des pesticides soient réévaluées « au plus vite, en prenant en compte toutes les études concernant les effets sur les colonies d’abeilles, les pollinisateurs sauvages, la faune ».

Cette décision des députés intervient alors qu’une enquête de la Commission européenne, rendue elle aussi publique jeudi, tire la sonnette d’alarme : près de 10 % des quelque 2 000 espèces sauvages d’abeilles européennes sont menacées d’extinction. Si aucune mesure n’est prise, 5 % supplémentaires le seront dans un futur proche.

Source : Le Monde.fr |   • Mis à jour le 

Le Sénat rejette l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes

La proposition de résolution portée par le sénateur écologiste Joël Labbé demandait au Gouvernement d’ « agir auprès de l’Union européenne pour une interdiction de toutes les utilisations des pesticides néonicotinoïdes en Europe tant que les risques graves pour la santé humaine, animale et l’environnement ne seront pas écartés». Elle vient d’être rejetée par le Sénat.

Lors de son examen au Sénat, la proposition de résolution visant à faire interdire les néonicotinoïdes au niveau européen a été rejetée. Sur 347 votants, 312 suffrages ont été exprimés. 248 sénateurs se sont exprimés contre cette proposition, seulement 64 sénateurs se sont prononcés pour. Le vote étant à scrutin publique, vous pouvez voir quels sénateurs ont voté pour, contre ou se sont abstenus ici.

Lors de la séance au Sénat, le ministre Stéphane Le Foll a défendu son opposition au vote de cette résolution. Il a notamment rappelé qu’une restriction d’utilisation existait déjà au niveau européen pour 3 substances néonicotinoïdes pour toutes les cultures attractives pour les abeilles. « Elles ne peuvent plus être utilisées en période de floraison. Pour les cultures restantes et pour les céréales à paille, les semis ne peuvent pas se faire à la période de forte activité des abeilles», a rappelé Stéphane Le Foll. L’interdiction de semer des semences enrobées a lieu de Janvier à Juin.

Dans ce cadre, interdire les néonicotinoïdes n’est pas pour lui la solution. « C’est un pensée globale qu’il faut avoir », assure-t-il. Le débat doit prendre en compte l’ensemble des parties prenantes et notamment la réalité du monde agricole. C’est « parce qu’on ne doit pas caricaturer le débat » et « réussir l’objectif de réduction des phytosanitaires et de l’utilisation des néonicotinoïdes qu’il faut qu’on soit en capacité, collectivement, de mener ces débats en assurant les transitions nécessaires », défend-il. C’est le rôle du plan Ecophyto 2 qui vient d’être annoncé.

Pourquoi vouloir interdire les pesticides néonicotinoïdes ?

Sous la dénomination de « néonicotinoïdes », on trouve plusieurs substances actives, à savoir le thiaméthoxam, l’imidaclopride, le thiaclopride, le dinotéfuran, l’acétamipride et le clothianidine. Ces néonicotinoïdes sont des pesticides systémiques. En tant que tels, ils sont présents dans et sur la plante tout au long de sa vie. Ils sont repris par la plante et transportés dans tous les tissus de façon préventive, même en absence de ravageurs. On les retrouve donc sur les feuilles, fleurs, racines, tiges, mais aussi dans le pollen et le nectar. Persistantes dans l’environnement, ils contaminent le sol, l’eau et l’air.

En séance au Sénat, Joël Labbé a rappelé les principales motivations qui l’ont conduit à proposer ce texte : le caractère systémique de ces insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes, les impacts sur les pollinisateurs et les effets supposés sur la santé humaine, notamment sur le développement du système nerveux humain. De plus, il a rappelé que plusieurs rapports et publications font valoir que l’utilisation de ces molécules n’a pas permis une augmentation significative des rendements pour les agriculteurs.

Auteur : Hugo Lebout, journaliste du webzine Natura-sciences.com