La Communication

La communication chez les abeilles est très élaborée et a fait l’objet de nombreuses études. Elle permet la cohésion de la ruche, la reconnaissance entre individus, la diffusion des alertes, mais également le repérage des sources de nourriture, d’eau, de résines, ou des emplacements possibles d’implantation. Elle est basée sur les échanges tactiles à l’aide des antennes, sur des messagers chimiques appelés phéromones, et sur un comportement remarquable : les danses des abeilles.

Les phéromones :

Les phéromones sont des substances chimiques émises par chacun des membres de la ruche : la reine, les ouvrières, les mâles et même le couvain. Ces substances sont de véritables messages qui conditionnent les comportements au sein de la colonie.

Il est facile d’observer les ouvrières émettant une phéromone de regroupement, tête basse et abdomen relevé, après que la ruche ai été dérangée ou au cours de l’essaimage.

Les phéromones de la reine jouent également un rôle de cohésion primordial. Par exemple, si la ruche est trop populeuse, ou si la reine est affaiblie, vieillit, ou meurt, ses phéromones n’atteignent plus la périphérie de la ruche: c’est ainsi que l’on explique le démarrage de la construction de cellules royales et l’élevage de nouvelles reines. La jeune reine palliera au départ de la reine partie essaimer ou la remplacera si celle-ci s’avère défaillante.


Ouvrières diffusant un message de regroupement :

glande-nasanov

Après l’ouverture de la ruche, certaines abeilles battent le rappel: ailes en action pour diffuser la phéromone et abdomen relevé. On aperçoit une tache blanchâtre (flèches) entre les deux derniers anneaux de l’abdomen (les « tergites ») : c’est la glande de Nasanov, produisant le messager chimique.

Les danses des abeilles :

Ce mode de communication si particulier paraît presque incroyable. Il s’agit d’un langage abstrait, complexe et sophistiqué, permettant de transmettre une quantité considérable d’informations. Les abeilles s’en servent pour indiquer l’emplacement de sources de nourriture, d’un endroit favorable à l’implantation de la colonie, mais aussi de points d’eau ou de zones de récolte de résines pour la propolis. Non seulement le lieu est situé précisément, mais des informations quantitatives et qualitatives sont fournies !

La danse en rond :

Cette danse est utilisée pour  communiquer sur les sources proches (quelques dizaines de mètres).

danse-rond La danse frétillante ou en huit :

La danse frétillante est utilisée pour communiquer sur des zones situées au-delà la danse précédente (jusqu’à plusieurs kilomètres).danse-huit

Le film muet de Jean Benoit-Levy ci-après, a été tourné en 1934. Il décrit les stratégies des abeilles qui ont trouvé une source de nourriture et avertissent les autres par des rondes en forme de 8. Des cartons explicatifs alternent avec des séquences filmées en extérieur. Cette expérience, sous la direction scientifique du docteur Karl VON FRISCH, professeur à l’université de Munich, montre le parcours d’une abeille chercheuse qui est attirée par une eau à laquelle on a ajouté du sucre.Ayant prévenu d’autres abeilles, celles-ci au retour du festin dansent à leur tout pour alerter d’autres abeilles. La danse en forme de 8 devient alors générale dans la ruche.

source : INA

Le décryptage de la danse frétillante des abeilles à permis de mettre en évidence leurs extraordinaires facultés.

Tout d’abord la précision de l’angle déterminé par la danseuse est remarquable, l’erreur n’excédant pas ± 3°. De plus, au cours de sa danse l’éclaireuse s’adapte à la course du soleil en modifiant l’angle présenté à ses congénères: elle tient compte du temps écoulé depuis le départ de la source de nourriture! De même les suiveuses s’adapteront au temps de parcours nécessaire: les abeille ont un sens inné du temps, elles possède une horloge biologique.

Cette horloge leur sert à évaluer la distance de la source puisque c’est un temps de vol qui est transmis, ce qui permet de compenser les obstacles et la topologie du terrain, ainsi que le sens et l’intensité du vent.

Leurs capacités d’abstraction sont impressionnantes également: la direction à prendre leur est transmise sur un plan vertical (celui du rayon de cire), elles le retranscrivent dans l’espace à la sortie de la ruche…

Si le soleil est masqué par les nuages, il leur suffit d’un coin de ciel bleu pour, à partir de la polarisation de la lumière solaire à laquelle elles sont sensibles, de reconstituer la position de l’astre et donc de s’orienter !

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